CRPE : répartition de la révision en langue

Pour les TD de préparation au CRPE de fin septembre, une répartition des contenus en langue (cf cours de S3 du M2 à Chambéry)

répartition de révision pour la langue

Cette répartition est démentielle si tout est à revoir… Dans ce cas il ne faut pas lâcher : un objectif en grammaire est de chercher à comprendre comment fonctionne la langue : des éléments qui sont assemblés avec une logique et des implications (de sens, de code).

Ce qui doit être connu par coeur est le langage spécialisé de la grammaire : les noms des mots et des propositions (classes ou natures), les noms de leur relations (les fonctions, que l’on sache ce qu’on entend par complément essentiel, circonstanciel, par exemple), les noms des figures de style. Cela fait, il s’agit de saisir la relation entre ces éléments, donc les caractéristiques de chaque élément, ce qui est plus simple quand on parle déjà français : pas la peine d’apprendre des phrases d’exemple par coeur !

De cette compréhension va découler les explications des accords orthographiques grammaticaux.

De même que lorsqu’on cherche à comprendre comment fonctionne le lexique, code évolué de la langue, on peut mieux saisir les évolutions orthographiques…

La langue n’est pas à prendre comme une contrainte mais comme un jeu qui nécessite la maîtrise de quelques codes pour pouvoir enquêter sur les situations proposées. Pourquoi écrire ainsi ? Pourquoi employer tel mot et pas un autre ? Comment expliquer cette orthographe à quelqu’un qui ne sait pas encore le code orthographique ?

Les étudiants qui se disent incapables d’apprendre et de comprendre le fonctionnement de la langue ont divers défauts :

  • penser que tout apprendre de A à Z suffira. En réalité il ne s’agit ni de chercher une situation déjà vue, ni de se souvenir de ce qu’on a appris par coeur, mais de raisonner de façon décontractée devant un problème posé (si l’on connait les noms spécialisés et les règles, le tout est de montrer qu’on sait manipuler les concepts, comme en mathématiques avec cependant davantage de possibilités de réponses pour un même problème).
  • vouloir tout absorber du début à la fin… la masse est énorme. Mieux vaut apprendre le lexique spécialisé et regarder avec curiosité comment les chapitres des grammaires traitent d’un problème (on vérifie son lexique pendant ce temps, pour être sûr de soi – si l’on ignore ce qu’est un substantif et que la question de grammaire pose dessus, c’est dommage… alors qu’on pouvait facilement parler des noms…).
  • faire une impasse, consciemment ou non, pensant qu’on n’y arrivera jamais. Mais pour enseigner, il faut maîtriser ces éléments, c’est ainsi. Que penseriez-vous d’un professeur des écoles de votre enfant qui ferait des erreurs orthographiques dans les homophonies verbales, qui dirait que dans « je vais à Paris » le complément est complément de lieu au lieu de complément essentiel… Que cette personne n’a pas compris comment la langue française qu’il enseigne fonctionne… gênant, non ? Ne pas y arriver est souvent le signe d’un blocage qui date… le maturité cérébrale des élèves ne permet pas toujours d’assimiler certaines notions au même âge… Or, quand on a été incapable de comprendre une notion de grammaire à un instant T, on se sent incapable de mieux comprendre à T+1… et même à T+10, beaucoup ne s’en sentent pas capables. C’est qu’aucun enseignant n’a su vous expliquer qu’on peut comprendre la langue un jour alors qu’avant rien n’était clair. Ce problème est accentué par un système d’enseignement qui répète sans cesse les mêmes notions. On réalise qu’une même notion répétée sans modification de la capacité de recevoir de façon nouvelle cette information n’est même pas écoutée par ceux et celles qui pensent ne jamais y rien comprendre. C’est ce que je perçois en cours devant des étudiant(e)s qui soupirent quand on évoque certaines questions de langue (d’autant plus désespéré(e)s que d’autres semblent maîtriser la démarche de façon magique et parlent un langage inconnu avec aisance sans pourtant tout réussir…).
  • le pire défaut est de se croire dispensé de la contrainte. Apprendre est une contrainte, et la seule compréhension ne suffit pas pour un concours (après vous faites comme vous voulez). Je râle intérieurement et extérieurement contre ceux et celles qui ont la compréhension mais qui présentent une allergie aux contraintes du travail… pour qui se prennent-ils, de chercher à réussir ainsi, alors qu’ils devront, s’ils sont enseignants, contraindre les élèves sous peine de devenir GO d’une colo éphémère (les élèves ne supportent pas les grands frères et les grandes soeurs qui croient éduquer sans apprendre à apprendre). Je râle aussi parce que je vois échouer chaque année ces soi-disant rebelles qui trainent une incapacité nette à devenir adulte et à se mettre au boulot – être adulte ne signifie pas pourtant d’arrêter de s’amuser, de réfléchir et de rêver (j’ai en mon temps raté quelques concours, je sais de quoi je parle quand je critique, non mais oh, je vous prie, merci !).

Donc nécessité de se décomplexer : vous n’avez pas 12 ans, vous n’êtes pas dans la frustration pré-adolescente de l’échec, vous n’êtes pas en situation de « continuer à ne rien comprendre » : vous avez toute la maturité pour apprendre, retenir, comprendre et même vous faire plaisir à résoudre les énigmes grammaticales…

La langue n’est pas simple, il s’agit en quelque sorte d’une partition que l’on peut décoder en maîtrisant le solfège pour se faire plaisir à jouer. Sans solfège, on peut se faire plaisir en jouant d’un instrument mais pas jouer avec d’autres en décodant une partition… Or qu’est-ce que le rôle de l’enseignant que de permettre aux élèves de jouer avec lui sur la même partition… (c’est beau, on dirait du Star Ac’ !)

Faites votre répartition journalière pour ne pas saturer trop (hum…). Les cours ne parleront pas de tous les domaines, mais les exercices choisis porteront sur un ou plusieurs des domaines qui correspondent.

Au boulot, inspir, expir, courage !

pour lundi 6 septembre

  • classes de mots (natures) variables (le verbe est à réviser pour le 13 septembre)
  • natures de propositions
  • fonctions principales des mots dans la phrases, ainsi que des propositions dans la phrase (la même démarche permet de retrouver les fonctions de sujet / complément essentiel / complément circonstanciel, que ce soit pour les mots ou les propositions)
  • revoir quelques figures de style : comparaison, métaphore, anaphore (définition et quelques exemples)

pour mardi 7 septembre

  • qu’est-ce qu’un champ lexical, qu’un champ sémantique, qu’une famille de mots ?
  • revoir les définitions de synonyme, antonyme, de polysémie, de paronyme
  • orthographe : réviser les notions générales avec une classification des problèmes orthographique et la transcription des sons et de la valeur des signes (phonèmes, morphèmes)
  • classes de mots invariables : leur rôle et comment les repérer

pour lundi 13 septembre

  • travailler sur la notion de verbe : conjugaisons, temps et modes / valeurs des temps et des modes + orthographe liée aux conjugaisons
  • revoir d’autres figures de style (métonymie, ironie)
  • repérer les principaux cas d’homophonie grammaticale et les questions d’orthographe qui peuvent être liées à cette problématique
  • lexique : la formation des mots (ce que sont la composition et la dérivation)

pour mardi 14 septembre

  • les formes de reprises : pronominales et lexicales
  • notions d’énonciation (émetteur, récepteur, message) et les questions de point de vue
  • revoir les connecteurs logiques, temporels, de lieu
  • travailler la notion de discours rapportés
  • orthographe : repérer les accords principaux dans le groupe nominal + travailler les fonctions dans le groupe nominal (penser à justifier les accords de cette façon)

pour lundi 20 septembre

  • lexique : formation des mots (la partie étymologie, avec les notions vues auparavant : préfixe, suffixe, etc.) + les niveaux de langue
  • marques du mélioratif et du péjoratif dans un texte + les indices de modalisation
  • la ponctuation
  • les types et formes de phrases

Courage !

Pascal Duc / 2010

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Une réponse à CRPE : répartition de la révision en langue

  1. temps dit :

    Le langage est une science en perpétuelle évolution.Bien que les mots ne représentent guère plus de 20% de nos communications, il n’en porte pas moins la connotation qui indique qui l’on est. Le charcutier parle charcutier, le paraitre parle paraitre, le ruiné parle d’argent.
    Cordialement

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